jeudi 11 février 2010

Cour des comptes ou comptes de la cour…

…La question peut se poser, car la vieille dame de la rue Cambon qui vit le jour sous Napoléon 1er en 1807, a toujours la même mission : vérifier les comptes sans étudier la légalité des dépenses, la mise à nue des dérives mais pas de pouvoir juridictionnel pour sévir.
Si bien que chaque année, les français apprennent les extravagances budgétaires des administrations et entreprises publiques mais jamais la suite donnée à ce contrôle dit externe ! Si suite il y a !
Le 9 février le rapport de la cour des comptes a relevé des anomalies et des gestions défaillantes dans une vingtaine de secteurs parmi lesquels :
- l’avion A400 – victime de surcoût et de retard
– la complexité et l’insuffisance de contrôles des aides aux agriculteurs
– l’aide au logement et leur efficacité, le montant de l’aide ne cessant d’augmenter et paradoxalement les locataires ne pouvant plus faire face à leur loyer
– les amendes dont pas ¼ n’ont été payées en 2007 plus de 500 000 ayant été annulées de façon irrégulière à Paris
– les billets gratuits du personnel de la SNCF dits des « facilités de circulation » dont bénéficient 840 000 cheminots retraités et membre de leur famille "ad vitam eternam"
– le système épargne des congés des contrôleurs aériens qui ne travaillent qu’une centaine de jours par an
– le nouveau scandale des animateurs producteurs sur les chaînes 2, 3 et 4 du service public avec des marges pouvant atteindre plus de 70%
– les contrôles fiscaux et leurs inégalités, la défiscalisation, les emprunts dits toxiques, le bilan décevant de la politique de l’eau, l’évolution de l’actionnement de la française des jeux, le ministère de la culture, la RATP et ses 4 milliards d’endettement …
Où la chose devient cocasse, c’est lorsque la cour des comptes déclare que la dégradation du déficit public n’est pas imputable seulement à la crise mais aussi à la gestion du gouvernement par un surcroît de dépenses…la réplique est immédiate par un communiqué du ministre du budget Eric Woerth qui déclare lui « que la crise explique la totalité de ce déficit public ».
Alors au juste qui a raison, le contrôlé ou le contrôleur ?
La maison du prince est souveraine, au point que le contribuable ne peut que penser que les dés sont pipés et enrobés de caramel,de là à extrapoler :« Et au juste à quoi elle sert cette cour composée d’énarques technocrates accomplis dans l’art de la carrière sans histoire ?. » Est-ce la cour des comptes, ou tout simplement les comptes de la cour !
A bon entendeur salut !

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