… et condamnable parce que insupportable telle qu’elle existe actuellement ! C’est la réflexion spontanée et sans ambages d’un avocat pénaliste de Rhône Alpes très connu … En 2010,l y a eu 8000 000 gardes à vue en France contre 330 000 en 2001 !. Cela peut arriver à n’importe quel citoyen …
Pour une banale infraction routière, il peut se retrouver privé de liberté durant 24 heures voire 48, dans des conditions avilissantes, menotté, nu comme un ver avec fouille à corps et sans l’assistance d’un avocat. De nombreux interpellés ont déposé plainte … la Garde des Sceaux, madame ALLIOT MARIE a d’ailleurs reconnu que 800 000 gardes à vue c’étaient trop et qu’il fallait faire quelque chose. La Chambre criminelle a déclaré nulles certaines procédures. La Cour Européenne des droits de l’homme a condamné la France sur cette garde à vue. La réforme est en discussion à l’assemblée nationale, et certaines normes devraient voir le jour sur cette situation très particulière de la garde à vue ou sans jugement un policier peut prendre des mesures coercitives. Les décisions seront vives et les controverses nombreuses. A commencer par les policiers qui manifestent un enthousiasme plus que modéré. Ils pensent qu’un voyou ou un criminel qui sera dès la 1ère heure assisté par un avocat l’invitant au silence, aura un sentiment d’impunité renforcé. Ils redoutent d’inévitables incidents entre officiers de police judiciaire et avocats … Ils critiquent l’activisme du lobby des avocats qui oublient le droit à la sécurité des plus faibles !. Ils redoutent certaines conséquences telle la compromission d’enquête, les disparitions de preuves, les représailles sur témoins … Ils admettent toutefois que pour les infractions les plus simples, une audition libre peut être considérée comme intéressante et pourrait diminuer de 30 à 50% les mesures existantes. Ce sujet de réforme de la garde à vue est brûlant et Madame ALLIOT- MARIE devra éviter toute « bévues » car les grands criminels profiteront de ces nouvelles mesures au même titre que les innocents.
Les points d’intérêts sont différents, et les désaccords seront nombreux, mais c’est le prix à payer dans une démocratie moderne. Dans la situation et au nom de la liberté d’expression et de la liberté tout court, cette citation attribuée à VOLTAIRE s’impose : « je ne suis pas d’accord avec ce vous dîtes mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ».
Vous pouvez écouter cette Chronique sur; WWW.yvonchaloyard.com
vendredi 21 janvier 2011
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